Questions à Alain Morash
Dans quel contexte s'inscrit le partenariat recherche et Innovation que vous venez de signer avec l'ONERA ?
Alain Morash : La technologie est un enjeu capital pour un groupe pétrolier comme Total. La moitié des gisements de pétrole actuellement exploités à travers le monde auraient été inaccessibles il y a seulement 10 ou 15 ans. C'est le progrès technologique qui en a ouvert les portes. Nous sommes donc à la recherche permanente de technologies pour aller chercher du pétrole toujours plus loin et plus profond. Et nos besoins en innovation vont encore s’accentuer au cours des dix prochaines années.
Pour quelles raisons le groupe Total s'intéresse-t-il à la télédétection ?
Nous pensons qu'elle peut enrichir notre palette de techniques et méthodes de prospection pétrolière. Une fois identifiée la nature précise des sols depuis un avion ou un drone, il devient en effet plus facile de déduire ce qu'il y a dessous. La télédétection devrait également nous aider à renforcer la sécurité des personnes et des installations, et à mieux protéger l'environnement. Le partenariat nous permettra de faire le point sur tout cela.
Pourquoi vous être tourné vers l’ONERA, justement ?
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, nous n'avons pas choisi l'Onera pour sa nationalité française, mais parce qu'après avoir fait le tour des centres de recherche à travers le monde, nous avons acquis la conviction que c'était le meilleur dans ce domaine. Ce n’était pas un partenaire naturel pour nous et nous n’avions pas identifié tout son potentiel de R&D. Notre démarche prospective nous a confirmé son excellence scientifique et technique qu’il existait une certaine proximité avec notre propre approche de la R&D. Comme nous, l'ONERA fonctionne avec des équipes de recherche structurées et pérennes, qui ont démontré leur capacité à travailler sur des sujets communs aux nôtres, et à intégrer d'autres partenaires.. C'est très encourageant pour la suite.
