Envol

1947 : l’ONERA investit une place forte à Palaiseau

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Construit après la guerre de 1870 afin de protéger Paris contre un éventuel nouveau siège, le fort de Palaiseau accueille depuis 1947 l’un des principaux centres de l’ONERA. Un lieu insolite pour un pôle de recherche scientifique ? Pas tant que cela...

16 juillet 2015

Un fort aux diverses vocations

Après le siège de Paris et à la défaite contre les Prussiens en 1870, un Comité de Défense est créé. Il élabore un programme de fortifications couvrant l’ensemble des frontières et la création de places fortifiées autour de Paris et de Lyon. Ces deux villes se voient alors ajouter une nouvelle ceinture de forts placés en avant-poste ou en complément de forts existants. C’est ainsi que voit le jour le fort de Palaiseau, idéalement situé sur le plateau de Saclay, entre 1874 et 1878. Sa vocation est double : sur le plan défensif, il interdit l’accès à Paris, et sur le plan offensif, il sert de base d’opération pour les actions de harcèlement. Il peut accueillir au total 1 500 hommes. Composé d’un bâtiment principal de forme polygonale et de deux batteries d’artillerie, il permet de tirer sur l’ennemi sur un rayon de 9 kilomètres.
Mais, quelques années plus tard, en 1885, la découverte d’une poudre brisante baptisée Mélinite, environ vingt-cinq fois plus puissante que la poudre classique, met très vite un terme à la vocation défensive du lieu. Les murs du fort n’ont en effet aucune chance de résister à cette nouvelle arme dévastatrice... Le site devient alors une simple caserne militaire, avant de tomber à l’abandon. Ce n’est qu’à la création de l’ONERA que le site reprend vie, cette fois-ci au service de la recherche scientifique.

Renaissance après la seconde guerre mondiale

Durant la guerre de 1939-1945, sous l’occupation, le GRA (Groupement Français pour le Développement des Recherches Aéronautiques) installe son laboratoire d’Etudes de Carburants de Remplacement (LECR) à Arles. À la libération, le GRA veut regrouper en région parisienne, ses différents centres éparpillés aux quatre coins de la France et se met en quête du lieu idéal. « Le plateau de Saclay présentait alors un triple avantage, explique Bénédicte Fighiera, Directeur du centre : il était situé à proximité d’un centre d’essais des moteurs du Ministère de l’air et proche de la ligne de train de Sceaux, ce qui facilitait le déplacement du personnel. De plus, l’architecture du fort, partiellement enterré, permettait de limiter les nuisances sonores auprès des riverains. » Le Centre de Palaiseau rassemble ainsi en 1947, une trentaine d’ingénieurs et de techniciens en provenance d’Arles, spécialisés dans l’énergétique, après l’intégration du GRA sous la bannière de l’ONERA, nouvellement créé.

Le lieu est alors peu propice à la recherche. De nombreux travaux sont donc immédiatement entrepris : « Le fort n’a en réalité que très peu servi, et il a été finalement abandonné par les militaires au début du XXe siècle. Certains bâtiments avaient même fini par s’écrouler, précise Bénédicte Fighiera. En 1947, les lieux servaient alors de pâture aux troupeaux ! Il a donc fallu construire entièrement la voirie, consolider les bâtiments existants afin d’y installer des bancs d’essai de moteurs monocylindriques, ou encore édifier un château d’eau... Un vaste chantier ! ».

Au cours des décennies suivantes, le centre n’a cessé de croître (il compte aujourd’hui 560 collaborateurs), il accueille de nouvelles installations et il développe ses champs de compétences (combustion, nouveaux matériaux, radars, mesures physiques et optiques...).

Plan de l’ONERA en 1957

A partir de 2007, le projet « Implantations ONERA en IDF » dont le but est de rassembler le personnel sur deux centres au lieu de trois, prend forme. 2010 voit la livraison du nouveau bâtiment au nord du Centre. Outre la direction générale de l’ONERA, il accueille également des départements scientifiques comme DCPS et le DTIM. En 2011, le nouveau restaurant d’entreprise et un complexe de salle de réunions sont mis en service. Ce projet se poursuit en 2015 avec un chantier de grande envergure : expression des besoins en surface, mutualisation des moyens d’essais entre départements, nouvelles règles d’archivage... Toutes les options sont envisagées pour établir un schéma directeur immobilier cohérent avec le plan stratégique scientifique de l’ONERA, et dont les principes pourraient figurer dans notre Contrat d’Objectif et de performance (COP). L’évolution du centre de Palaiseau continue...


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