Envol

Entretien avec Jean-Marc Charbonnier, le nouveau directeur de programmes Espace

Visuel par défaut
Jean-Marc Charbonnier
Directeur de programmes Espace
03 mai 2023

Depuis le 2 mai, Jean-Marc Charbonnier occupe le poste de directeur de programmes Espace. Il arrive du CNES, où il occupait le poste de sous directeur-adjoint « missions, données et applications de l’observation de la Terre ». Il nous parle de son parcours, de sa vision du spatial français et européen, et de ses ambitions pour l'ONERA.

Pourquoi avoir accepté de prendre la direction de programmes Espace à l’ONERA ? 

Justement parce que venant du CNES, je pense pouvoir être le trait d’union pour développer encore davantage les collaborations entre les 2 EPIC. Le CNES et l’ONERA sont en effet des partenaires historiques, qui collaborent depuis de nombreuses années. Je ne pouvais pas ne pas connaître, et reconnaître, l’ONERA, et le niveau d’excellence de ses ingénieurs-chercheurs. Passer « d’un côté à l’autre » m’est apparu comme logique et constructif, puisque j’ai à cœur de construire « l’Espace du futur », et la science fait partie de mon ADN, comme vous pouvez le voir sur mon CV. Mon ancienne « casquette CNES » sera utile pour traduire les besoins et enjeux  de l’Agence Spatiale Française. La complémentarité des rôles du CNES et l’ONERA sont une chance pour le spatial français et européen.

L’ONERA a ses propres laboratoires et installations de recherche, tandis que le CNES, en tant qu’agence de programmes, met des ressources à disposition. Le CNES vient donc chercher à l’ONERA sa capacité à mener des travaux  de recherche en propre, et apporte de son côté, sa capacité à faire de la maîtrise d’ouvrage de systèmes satellites, ainsi que des moyens financiers. Pour résumer, on peut dire que c’est un travail d’équipe :  le CNES et l’ONERA identifient les besoins technologiques pour préparer le futur, du côté agence comme du côté office. L’ONERA se focalise sur les technologies nécessaires aux systèmes, et le CNES s’assure du passage de ces technologies vers l’industrie, au service de la science, de la Défense et de l’économie.

Vous parlez d’équipe, c’est une notion importante pour vous ?

Personne ne dira le contraire ou n’avouera qu’il aime travailler dans son coin. Mais lorsque l’on rejoint un établissement tel que l’ONERA, il faut que ce soit vrai, et ça l’est. L’ONERA dispose de 7 départements scientifiques et d’installations basées sur chacun de ses centres : j’aurai à cœur de collaborer et dialoguer avec tous ces départements, dans la continuité de ce qui est proposé par l’ONERA : une réponse multi-disciplines aux problématiques transverses de ses partenaires. Mon prédécesseur faisait beaucoup de déplacements Ile-de-France/Occitanie, je n’y couperai pas, et je le ferai avec plaisir. J’ai commencé ma carrière comme ingénieur en propulsion solide et en détonique, puis comme docteur et enseignant-chercheur dans divers secteurs de l’aérospatial : échanger et accompagner les chercheurs de l’ONERA, sur leur terrain, sera l’occasion de revenir à mes premières amours. De mon côté, je leur apporterai mon expérience des projets de R&D, completée par une expérience en matière de protection et d’exploitation de la propriété intellectuelle : il est en effet important que les savoir-faire et les inventions des ingénieurs-chercheurs de l’ONERA soient valorisées.

Au-delà des implantations géographiques de l’ONERA, je crois qu’il faut raisonner plus largement, car chaque région dispose d’atouts propres, et il est important de faire rayonner les territoires français, et de jouer sur leurs spécificités. Start-up, grandes écoles et universités, industriels, donneurs d’ordre institutionnels : il est évident que tous ces acteurs sont répartis sur les territoires. Valoriser les expertises de l’ONERA et accompagner ses projets de développement et de validation de technologies émergentes et ses projets scientifiques, c’est savoir aller là où il faut !

Quels sont, selon vous, les défis que l’ONERA va devoir relever dans les prochaines années ?

Ils sont multiples, tant le secteur du spatial évolue rapidement en ce moment. Mais je n’étonnerai personne si j’évoque en premier lieu le New Space et le rôle que l’ONERA doit y affirmer ! Encore une fois, je connais la haute expertise des équipes de l’ONERA, et je sais qu’elle est un atout majeur pour les nouveaux entrants sur le marché du spatial, start up pour la plupart.

Que ce soit dans les domaines des technologies nécessaires pour l’accès à l’espace, pour le développement des équipements et charges utiles des satellites ou bien dans l’exploitation des services et données issus du spatial, tous ces secteurs impliquent les départements de l’ONERA. La contribution de l’ONERA dans l’écosystème spatial français, européen et international est très largement reconnue, notamment auprès des donneurs d’ordre et agences, des maîtres d’œuvre industriels et des equipementiers. Les contributions de l’ONERA doivent s’amplifier auprès des nouveaux entrants dans ces différents domaines, permettant à l’ONERA de jouer pleinement son rôle auprès de ces acteurs dont l’impact économique s’amplifie depuis une dizaine d’années.


URL source : https://envol-onera.netcomdev2.com/invite/entretien-avec-jean-marc-charbonnier-le-nouveau-directeur-de-programmes-espace