Envol

Les technologies de l’ONERA essaiment sur le plateau de Saclay !

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Les SATT, Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies, sont des Sociétés par Actions Simplifiée (SAS) issues du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA).

25 mars 2015

Elles ont pour vocation de maximiser l’impact socio-économique des résultats de la recherche académique et de favoriser la création d’emplois en France en facilitant et accélérant le transfert de technologies issues de la recherche publique vers les entreprises de toute taille.

Paroles d'experts

  • Stéphane Herbin et Adrien Chan Hon Tong Ingénieurs au DTIM et porteur du projet FluoAlgo
  • David Levadoux Ingénieur au DTIM et porteur du projet Notecsia
  • François Tardivel Chargé de mission « Applications radar » au DEMR et porteur du projet MORPHEE+

Créée le 16 juillet 2014, la SATT Paris Saclay a pour objectif de maturer, valoriser, transférer et d’accompagner les technologies et les savoir-faire des laboratoires de l’Université Paris Saclay. Celle-ci regroupe 19 acteurs de la recherche, dont l’ONERA qui en est un membre fondateur.

Cinq domaines économiques ont été sélectionnés en fonction de leur capacité à utiliser les résultats de la recherche :

Ils sont issus des trois champs thématiques et de leur dynamique de croissance :

Plus particulièrement la SATT Paris-Saclay  a pour vocation de financer les étapes d’un projet qui vont permettre à une technologie ou un savoir-faire de franchir les derniers niveaux de TRL pour en accélérer le transfert vers le monde économique.

C’est dans ce contexte que la SATT Paris-Saclay a lancé en 2014 un appel à projets de maturation des technologies doté d’un budget de 5 millions d’Euros.

Sur les 37 projets reçus, 10 ont été retenus pour être soumis au comité d’investissement de la SATT. Parmi les 10 projets ayant retenu l’attention de la SATT à l’issue d’un processus très sélectif, 3 mettent en œuvre des technologies de l’ONERA qui avait, pour sa part, déposé 5 propositions. « Un score très honorable à mettre au crédit de notre excellence scientifique et à notre capacité à valoriser les résultats de la recherche reconnue par l’attribution du label Carnot », se félicite Didier Barberis, responsable de la valorisation à DCV.

Une réussite qui trouve aussi son origine dans la synergie d’hommes et de moyens que l’ONERA a su mettre en place entre ses chercheurs, l’équipe valorisation de la DCV et les équipes de la SATT.

« Un premier succès qui pourrait se renouveler, puisque, précise-t-il, sur les deux projets non retenus, un devrait être sélectionné dans une deuxième phase, par les équipes de la SATT, et proposé à un prochain comité d’investissement ».

« Les trois projets d’ores et déjà retenus qui sont Notecsia, Morphee+ et FluoAlgo ont des typologies très différentes » poursuit Didier Barberis. Ils renforcent notre image d’excellence scientifique dans les domaines des logiciels, des radars et des traitements d’images ». Ces trois projets sont bien positionnés pour franchir avec succès les différentes étapes de maturation et ainsi obtenir du comité d’investissement de la SATT le financement demandé. « Nous sommes en phase de co-construction des dossiers d’investissement avec les équipes de la SATT qui font appel à d’autres compétences nécessaires au montage réussi de ces projets(cabinets spécialisés en analyse de filières industrielles, de marchés, de propriété industrielle). Nous avons déjà franchi deux étapes importantes : qualification par des experts de la viabilité des projets sur leurs marchés respectifs et validation de l’existence d’un potentiel sur le marché mondial ainsi que d’un canal de distribution. Il reste encore à franchir l’étape d’analyse financière et de rentabilité d’investissement » précise Florin Paun, directeur adjoint Innovation Industrielle au DCV.

« Cette démarche contribue à donner une visibilité nouvelle aux activités de l’ONERA et à susciter l’intérêt de nouveaux partenaires, au-delà de nos missions historiques dans le secteur ASD (Aéronautique, Spatial, Défense) qui demeurent notre cœur d’activité » ajoute Didier Barberis.

En contribuant à des succès commerciaux, au travers de ces transferts de technologies, « l’ONERA s’ancre durablement dans l’écosystème Paris-Saclay et s’affirme comme un acteur de premier plan de la valorisation de la recherche scientifique » conclue-t-il.

Cet article a été réalisé en collaboration avec

Didier Barberis, Responsable de la Valorisation à DCV

Stéphane Herbin et Adrien Chan Hon Tong, ingénieurs au DTIM et porteur du projet FluoAlgo

Michel Humbert, Directeur de la DCV

David Levadoux, ingénieur au DTIM et porteur du projet Notecsia

Florin Paun, Directeur Adjoint Innovation Industrielle au DCV

François Tardivel, chargé de mission, « Applications radar » au Département Electromagnétisme et Radar (DEMR) et porteur du projet MORPHEE +

Paroles d'experts

Ingénieurs au DTIM et porteur du projet FluoAlgo
Stéphane Herbin et Adrien Chan Hon Tong

FluoAlgo : un projet novateur pour améliorer la détection des cancers précoces

FluoALGO, tel est le nom du projet co-piloté par Stéphane Herbin et Adrien Chan Hon Tong ingénieurs au DTIM, et qui sera soumis au mois de mai prochain au comité d’investissement de la SATT Paris Saclay.

Un acronyme qui trouve son origine dans FLUOrescence (méthode de coloration des cellules tumorales, brevet déposé par le CNRS, l’AP-HP et l’UP-SUD) et ALGOrithme (traitement des images et aide à la décision de l’ONERA).

FluoAlgo est un procédé novateur destiné à améliorer la détection des cancers précoces. Il vise à dépister de façon systématique des populations à risque pour les cancers de bas grade (cancers de la vessie pour commencer) par des moyens non invasifs et avec un haut niveau de performance (niveau de détection de plus de 80 % et de fausse alarme inférieur à 10%).

A l’origine du projet, une start up incubée dans le génopôle d’Evry et qui a sollicité l’ONERA pour son expertise et ses compétences dans le traitement automatique appliqué à l’imagerie biomédicale. Objectif : développer un logiciel d’aide au diagnostic entièrement automatisé apportant une aide au diagnostic du médecin.

« La plus-value de l’ONERA réside dans notre habitude à dialoguer avec des experts métiers. Nous avons une expertise dans le domaine du traitement d’images. Nous savons comment le mettre en œuvre et comment produire des résultats le plus fiables possibles dans un logiciel à même d’être accepté et utilisé par la communauté médicale », explique Stéphane Herbin.

« Le comité d’investissement de la SATT se réunit début mai pour valider l’intérêt financier de la SATT à investir dans ce projet » poursuit-il.

Si FluoALgo obtient un financement de la SATT, l’ONERA pourra se doter des ressources humaines nécessaires au pilotage de la partie ingénierie du projet. Les essais cliniques devraient être, quant à eux, pilotés par la PME partenaire.

« Il s’agit d’un transfert de connaissances et d’expertises acquises par le DTIM dans le domaine de la sécurité et de la défense, vers un secteur grand public : la santé. Un exemple qui s’inscrit dans la logique de la politique de diversification amorcée par l’ONERA et à laquelle participe le DTIM qui a déjà travaillé sur d’autres sujets en lien avec le médical » conclut Stéphane Herbin.

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Ingénieur au DTIM et porteur du projet Notecsia
David Levadoux

Notecsia : une boite à outils numériques ultra performante au service de l’industrie

Afin d'améliorer la modularité des outils de simulation en électromagnétisme, David Levadoux a entrepris il y a une quinzaine d'années la création d'un atelier logiciel de nouvelle génération appelé NumWorks. Cet atelier, aujourd'hui arrrivé à maturité, capitalise un grand nombre de méthodes utiles en calcul scientifique et affiche des performances en rupture complète avec l'état de l'art. C'est ainsi que le code Maxwell3D construit à l'aide des « briques numériques » fournies par NumWorks permet de résoudre les équations de Maxwell environ 10 fois plus vite que les outils commerciaux leaders du marché. L'ambition du projet NOTECSIA soumis à la SATT est donc de faire de ce moteur de calcul surpuissant un produit unique et incontournable sur le marché des simulateurs électromagnétiques. « La SATT finance les travaux complémentaires à cette technologique de calcul, principalement le développement d’une interface homme-machine ergonomique afin de créer un moyen de calcul commercialisable. » explique David Levadoux, ingénieur de recherche au DTIM.

« Cela dit, ajoute-t-il, l'atelier NumWorks est par nature un outil générique dont le potentiel applicatif dépasse le domaine de l'électromagnétisme. NumWorks capitalise en effet tout l'arsenal d'algoritmes et de sous-programmes nécessaires à la construction des méthodes de résolutions des équations elliptiques de la physique. Ainsi on peut imaginer servir à l'avenir avec le même degré de performance des problèmes en acoustique ou élastodynamique par exemple. » Une des applications potentielles vise l’acoustique médicale. « A terme la puissance de calcul pourrait être utilisée pour piloter des faisceaux ultra-sons dans le cerveau et donc permettre aux médecins d’opérer sans ouvrir. » explique David Levadoux qui parle à ce propos « d’émergence des mathématiques industrielles ».
Mais le projet Notecsia, dit-il est un gros challenge puisqu’il y a déjà des acteurs historiques bien positionnés sur le marché. Le projet est cependant bien lancé, puisque David Levadoux a reçu 70 K€ pour la phase de pré-maturation. Il s'’inscrit désormais dans la seconde étape qui est la phase de maturation.

« Pour mener à bien ce projet, j’ai constitué autour de moi, une petite équipe constituée de Jérôme Simon (DEMR) et de Xavier Juvigny (DTIM). Tout en maîtrisant chacun la technologie de calcul, nous réunissons des compétences complémentaires dans les domaines de l'analyse numérique, de l'électromagnétisme et du calcul haute performance. D'autre part, pour favoriser la réussite du projet, je suis passé du DEMR au DTIM. Ainsi de son berceau initial composé des applications en furtivité radar la technologie essaime maintenant d’un point de vue scientifique et industriel » complète-t-il.

Bref, une réelle aventure scientifique, technologique et humaine qui devrait mener à la création d’une start-up.

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Chargé de mission « Applications radar » au DEMR et porteur du projet MORPHEE+
François Tardivel

MORPHHE + : l’expertise radar du DEMR au service des personnes âgées dépendantes

La finalité du projet MORPHEE+ est de réaliser un capteur microdoppler pour répondre à l’expression de besoins d’une PME, la société Cerig, qui travaille avec 350 EPHAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et qui a sollicité le DEMR pour son expertise radar.

La société Cerig a parrainé le projet MORPHEE+ auprès de la SATT Paris-Saclay en facilitant, notamment le dialogue avec des gérontologues. Si le projet aboutit, Cerig a d’ores et déjà fait part de son intention d’obtenir une licence d’exploitation auprès de la SATT.

Plus particulièrement, l’ONERA et la société Cerig attendent du système MORPHEE+ qu’il :

  • améliore la sécurité des résidents ;
  • améliore leur bien-être ;
  • aide à diagnostiquer de manière préventive un certain nombre de pathologies à partir de l’actimétrie.

Pour que ces objectifs soient atteints, trois fonctions prioritaires sont visées : la détection de chute, la détection du réveil et la mesure de la cadence respiratoire de la personne couchée.

« MORPHEE+ s’appuie sur les compétences du DEMR en termes de capteurs électromagnétiques, de traitement du signal et d’aptitude à réaliser un capteur capable de détecter des personnes immobiles dans une pièce et de mesurer leur cadence respiratoire » détaille François Tardivel, chargé de mission, « Applications radar » au Département Electromagnétisme et Radar (DEMR)

« Nous sommes en phase de maturation pour la réalisation de la démonstration technologique en condition opérationnelle (TRL 6) et dans ce cadre, il est prévu de recruter un ingénieur pour qu’il prenne en charge une grande partie de la réalisation du capteur et des tests de ses fonctions en EPHAD » conclut François Tardivel.

Souhaitons bonne chance à l’équipe de chercheurs, ainsi qu’à l’équipe de valorisation de la DCV qui les accompagne dans leur travail de co-maturation avec les experts de la SATT Paris-Saclay, afin que le comité d’investissement rendre un avis favorable au projet.

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