Les directions de programme Aéronautique, Espace et Défense

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Trois nouvelles directions : la direction Aéronautique (DA), la direction Défense (DE) et la direction Espace (ES) sont issues de la nouvelle organisation de l'ONERA. Ces trois directions sont rattachées à la direction technique et des programmes (DTP). Structurées de façon identique, elles sont composées d'un directeur, de plusieurs directeurs de programme et de responsables clients/partenaires. Zoom sur les missions et les attendus de ces trois nouvelles directions ainsi que sur leurs interactions avec les départements et la direction scientifique.

Pourquoi créer des directions de programme ?

C’est à la fois une demande de nos partenaires extérieurs de disposer d’entrées finalisées à l’ONERA dans les domaines Aéronautique, Espace et Défense et une volonté de la Direction Générale de réaffirmer la mission de notre organisme relative aux enjeux aérospatiaux de la recherche qui y est menée.

Paroles d'experts

  • Romain ASAMA Responsable client partenaire au sein de la direction Défense Palaiseau
  • Gérard Ordonneau Directeur du programme Lanceur au sein de la Direction Espace

La création des Directions de Programme est donc la dimension technique qui doit sous-tendre le dialogue avec nos partenaires extérieurs et valoriser le savoir-faire de l’ONERA, sans bien sûr se substituer à la relation technique directe des ingénieurs et chercheurs.

Quelles missions pour une direction de programme ?

Hervé Consigny (DA) résume les missions d'une Direction de Programme en quatre verbes : Faciliter, Injecter, Coordonner et Représenter. « Une direction de programme facilite le dialogue avec les partenaires industriels et institutionnels, injecte dans le programme de l'ONERA leurs besoins long terme, coordonne les activités et propositions émanant de plusieurs départements et enfin représente l'ONERA dans diverses instances comme le CORAC pour la DPA », précise-t-il.

Pour mener à bien ces missions, les directeurs des programmes AED s'appuient sur l’expertise et les compétences de directeurs de programme et de responsables clients/partenaires (les notes d'organisation sont accessibles via le site DQO).

« Ce dialogue avec l’extérieur autrement dit la relation client/partenaire est organisée de telle façon à ce que chaque industriel ait un référent unique au sein de la DTP et plus particulièrement à l’intérieur de chacune des directions AED. Soit le choix est évident, car la thématique programme est totalement en ligne avec l’activité industrielle, soit il faut faire un choix, ce qui a été fait. Prenons le cas de l’industriel Dassault. Il a été orienté côté Défense, bien qu’il soit également identifié "aéronautique". En résumé, nous avons voulu obtenir une bijection : un partenaire <--> un garant de la relation » explique Thierry Michal (DTG).

Chaque Directeur de Programme est en charge d’une thématique relevant clairement des missions de l’ONERA et peut, à ce titre, être responsable  de plusieurs  relations clients / partenaires. À titre d’exemple, Laurent Serre en charge du programme Dissuasion, est responsable de la relation avec la DGA (UM HORUS et UM COE) et le CEA.

Pour les thématiques pour lesquelles l’ONERA souhaite valoriser des compétences scientifiques bien qu’elles ne soient pas stricto sensu dans les missions de l’ONERA, une personne assure la relation avec les partenaires extérieurs et les départements. À ce titre, Romain Asama, responsable de la thématique Export est le point de contact unique des départements, en particulier pour l’ "autorisation et gestion des dossiers export" et Hervé Verrièle s'est vu confier la thématique terrestre et navale pour les applications Défense.

Sur la base de quels critères ont été choisis les Directeurs de programme ?

Les Directeurs des programmes AED ont pour dénominateur commun d’avoir une légitimité scientifique et technique interne et externe, reconnue et incontestable. « C'est le critère qui nous a semblé le plus important pour départager les candidats, explique Thierry Michal. Leur légitimité scientifique et technique devait être reconnue en interne par les départements et en externe par nos partenaires. La personnalité a également été prise en compte, puisqu’il est essentiel que les trois directeurs AED soient en capacité de construire et de développer un réseau, ce qui suppose d’être naturellement ouvert et tourné sur l'extérieur ».

Les directeurs de programmes ont été donc été choisis par la DTP et la DRH pour leur expertise dans la thématique concernée par le programme et pour leurs qualités personnelles.

La création de la direction des programmes offre désormais de nouvelles opportunités de diversifier les évolutions de carrières des ingénieurs à l’ONERA et leur permet d’envisager des parcours techniques dont une partie se déroule en dehors des départements.

Comment fonctionneront les Directions AED et quels liens entretiendront-elles avec les Départements ?

Les Directions AED n'ont pas de ressources autres que celles nécessaires à leur fonctionnement. Par ailleurs et il est important de le souligner, ces trois directions n'ont aucun rôle hiérarchique vis-à-vis des départements. Elles s’inscrivent donc dans un rôle de conseil sur les orientations à long terme, le court et le moyen terme étant du ressort du Directeur de département et de son équipe de direction. Pas d'ingérence donc, pas de court-circuit.

Les trois Directions des programmes et les Départements étant rattachés à la DTP, les arbitrages éventuels sont plus rapides que dans la dernière organisation.

En pratique les directions des directeurs de département de la DTP rassemblent systématiquement les sept directeurs de départements et les trois Directeurs AED. Cela permet de disposer d’angles de vue différents, de favoriser les échanges et d’assurer une information réciproque.

« Lorsqu’une affaire présente un caractère pluridisciplinaire, explique Thierry Michal, les DP doivent être capables de proposer à la DTP un traitement global en identifiant le ou les départements, voire les experts les mieux à même de réaliser l'étude, donc émettre une recommandation qui sera soumise à l’arbitrage du DTG. Si l’affaire est générée via les directions de programmes, c’est plus simple. Si elle est générée par les départements, il faut veiller à agir vite afin d’identifier et d’engager les ressources adéquates et éviter ainsi de mobiliser inutilement des personnes au sein des départements ».

Un processus a été mis en place pour faciliter cette démarche. Il repose sur une simplification du formulaire de RIO (Revue d’Intérêt d’Offre) qui prévoit d’affecter l’affaire vers l’une des trois Directions qui transmet au directeur de programme concerné. Ce nouveau modus operandi permet de répondre à l’obligation de réactivité et assure, grâce au logiciel Action!, une meilleure traçabilité des affaires et des différentes étapes qui conduisent à sa concrétisation.

Quels seront les liens avec la DSP ?

La DSG continue à définir les orientations scientifiques de l’ONERA et bénéficie pour cet exercice de l’éclairage des Directions de programmes qui lui communiquent la synthèse des besoins exprimés par nos partenaires. Cette logique collaborative doit permettre à l’ONERA de mieux orienter l’activité scientifique en identifiant en amont des thématiques susceptibles de devenir importantes à l’avenir (p. ex. FCAS). De ce fait, les Directions de programmes seront parties prenantes de l’orientation des appels à projets tels que PR et PRF des départements. Bien évidemment, les départements conserveront la capacité de proposition de sujets guidés par leur logique scientifique et technique de telle manière que la capacité de l’ONERA de préparation de l’avenir ne soit pas bouleversée, mais enrichie.

Les DP devront enfin avoir une vision exhaustive de l’activité scientifique et technique conduite à l'ONERA ce qui suppose qu'ils suivent attentivement les PR et PRF ou encore qu'ils puissent être les clients internes d'actions très finalisées. Prenons l’exemple d'un PRF sur les signatures de missiles qui évidemment se caractérise par des enjeux importants sur le plan de la physique, des méthodes numériques et de la simulation. L’ensemble de ces domaines scientifiques intéresse au premier chef la DSG, mais les résultats obtenus sont également d’intérêt majeur pour les Directeurs du programme Système de Défense ou Dissuasion.

Quels sont les bénéfices attendus de cette réorganisation ?

« Ils sont multiples, conclut Thierry Michal, nos partenaires formulent depuis longtemps le souhait que la mission de l'ONERA soit clairement visible et lisible via une organisation qui identifie les domaines Aéronautique, Espace et Défense et leur fournisse des points d’entrée en conséquence ; avec l'idée également réaffirmée que l'ONERA est un centre de recherche finalisée dont l’action est bien en ligne avec les besoins de long terme exprimés par ses parties prenantes ».

En interne, la mise en place des Directions AED doit faciliter le dialogue des départements avec le monde aérospatial dans un esprit de service et de valorisation des savoir-faire de la maison.

Paroles d'experts

Responsable client partenaire au sein de la direction Défense
Romain ASAMA

Vous êtes responsable client partenaire au sien de la direction Défense. Votre principal client est Thales, mais vous êtes également en charge des activités défense liées à la coopération avec Singapour.

Vous êtes le garant de la relation Client, est-ce que cela veut dire que tout passe par vous ?

Oui…et non…précise en préambule Romain Asama.
Oui parce que  si l’on prend le cas du compte THALES, mon rôle consiste à avoir une vision globale de la relation ONERA-THALES sur le plan commercial et contractuel, et non parce que le contenu technique des affaires reste de la responsabilité des départements. Selon moi, le responsable Client Partenaire ne se substitue pas à la relation Client Département, il l'accompagne et doit la faciliter notamment en étant une courroie de transmission entre l’ONERA et son client. Par exemple avec Thales, qui est une entreprise complexe à appréhender par sa taille et sa structure aux nombreuses filiales, j'ai pu créer une relation de confiance  en participant  aux différents comités techniques (radar & optronique principalement) qui se réunissent trois à quatre fois par an. Cela me permet de comprendre leurs besoins, de faire un point sur les dossiers en cours, mais aussi d'identifier de nouveaux thèmes de collaboration à proposer aux départements.

Comment voyez-vous votre rôle vis-à-vis des Départements ?

Je suis là pour les soutenir, les accompagner. Les responsables Client/Partenaire sont avant tout au service des départements. Si j'avais un message à faire passer aux départements, c’est qu’ils ne doivent pas avoir peur de nous utiliser. Il y a parfois encore une certaine réticence à faire appel à nous, réticence que je pourrais interpréter comme une méconnaissance de la valeur ajoutée que nous pouvons leur apporter. Nous sommes là avant tout pour leur faire gagner du temps en apportant une expertise ponctuelle : gestion de la relation client, proposition de nouveaux sujets de collaboration, accompagnement dans une démarche export, etc.
Le soutien apporté aux départements passe aussi par la valorisation du patrimoine scientifique de l’ONERA et donc des départements. Ce rôle m’amène à organiser régulièrement des visites institutionnelles et industrielles.

Et la relation avec les départements, ça marche aussi dans l'autre sens, non ?

C’est tout à fait vrai ! Et la relation fonctionne d’autant mieux que je suis mis dans la boucle le plus tôt possible, l’optimum étant d’être impliqué dès qu'une affaire est discutée. C'est un réflexe que certains départements ont déjà pris et que d’autres vont prendre, j’en suis certain. Cela me permet avant tout de proposer mes services dès le montage des affaires, d’apporter un éclairage sur le contexte plus global d’une affaire, d'être au courant de l’ensemble des dossiers (utile pour avoir une vision globale de la relation Client-ONERA), d'assister à certaines réunions d'avancement lorsque cela est nécessaire. Être impliqué aux côtés des départements me permet en même temps de mieux connaître les compétences techniques de l'ONERA. Il s'agit d'une relation de confiance.

Vous dites, que votre rôle consiste à mettre de l'huile dans les rouages, c’est-à-dire… ?

Oui et sur trois niveaux !  

  1. Faciliter la communication en interne, notamment lorsque les projets sont multidépartements, en évitant par exemple, une mise en concurrence des départements par le client,
  2. être identifié par le client comme un point de contact capable de répondre, avec l’aide des départements et des services supports, à la moindre de ses questions,
  3. assurer la bonne transmission d’informations dans un triptyque ONERA/DGA/Client.

Vous êtes également le garant de la relation client Singapour, est-ce très différent de la relation avec un industriel ?

L’esprit est le même : mon rôle consiste à avoir pour les affaires défense une vision globale de la relation entre l’ONERA et Singapour. Mais s’agissant d’un État, la relation est forcément différente d’une relation avec un industriel. Les acteurs à appréhender sont nombreux et les relations sont multiples : universités, agences gouvernementales, industriels, Ambassades, etc. La relation entre l’ONERA et Singapour est ancienne et basée sur une confiance mutuelle et l'excellence scientifique. Singapour ne nous voit pas comme un quelconque sous-traitant, mais réellement comme un partenaire, centre d’expertise indépendant des industriels français et étrangers. Mon rôle consiste donc avant tout, en collaboration étroite avec DAI et le laboratoire SONDRA, à maintenir cette relation au plus haut niveau, à identifier et proposer de nouveaux sujets de collaborations et à accompagner les départements de l’ONERA dans cet environnement compliqué mais toujours prometteur qu’est Singapour.
La majorité de nos affaires avec ce pays portant sur des sujets Défense, je m’occupe également d’obtenir avec l’aide des départements et de DSSE, les licences exportations nécessaires à la réalisation de celles-ci auprès de la DGA.

 

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Directeur du programme Lanceur au sein de la Direction Espace
Gérard Ordonneau

Gérard Ordonneau, vous étiez au DEFA chef de l'unité PRL (PRopulsion Liquide) et le point de contact du CNES pour les lanceurs. Vous êtes aujourd'hui directeur du programme Lanceur au sein de la direction Espace.

Qu'est-ce que ce nouveau poste vous apporte ?

Je dirais de la hauteur de vue. En effet, ce nouveau poste est par nature différent de celui que j'occupais au DEFA puisqu'il couvre toute l'activité de l'ONERA au profit des systèmes de lancement, qu'ils soient conventionnels et consommables ou futurs et partiellement réutilisables. Je dois donc contribuer, en m'appuyant sur les compétences des départements, à la définition de la stratégie de l'ONERA dans un large domaine qui va des études système aux études spécifiquement techniques. Sur ce dernier plan, je retrouve par exemple le secteur très actif de la propulsion qui couvre quatre des huit PIC (Programme d'Intérêt Commun) que nous avons avec la direction des Lanceurs du CNES. Donc techniquement parlant, je suis encore en terrain connu !

Alors justement, qu'est-ce qu'un programme à l'ONERA et quel est le rôle d'un directeur de programme ?

Le terme de programme n'a pas le même sens que pour une agence par exemple comme le CNES. À l'ONERA, un programme est un domaine finalisé qui ne se caractérise ni par un planning ni par un budget. Il n'y a d’ailleurs pas de budget dédié, sauf pour l'abondement des programmes européens. Nous travaillons sur le long terme - tout en restant concerné par ce qui se fait aujourd'hui et demain. Le directeur du programme Lanceurs doit proposer une stratégie globale ONERA/Espace/Lanceurs. Cette stratégie inclut nécessairement une vision à long terme et se doit d'identifier les axes à privilégier. Elle s'insère dans la stratégie Espace de l'ONERA proposée par Jean-Claude Traineau en concertation avec Bernard Rosier pour la partie Système orbitaux et moi-même pour les lanceurs.

Le rôle du directeur de programme est de connaître les besoins et de suggérer des pistes de recherche. Pour cela, il faut être à l'affût des informations aussi bien côté clients (CNES, ESA, Ariane Group pour ce qui me concerne) qu'en interne afin d’avoir une vision la plus exhaustive possible des domaines d'excellence de l'ONERA. C'est un poste qui demande donc des compétences techniques, mais aussi un bon réseau aussi bien externe qu'interne. 

Comment travaillez-vous avec les Départements ?

Le directeur de programme joue un rôle d'interface entre clients et départements. Mais cette interface se situe plus au niveau de la stratégie globale que de la tactique. Et là, tout est à construire! Le directeur du DMPE qui est un des départements avec lequel j'interagis le plus, attend de moi que nous fassions le point régulièrement, que je puisse intervenir auprès des partenaires pour maintenir une compétence, et également convaincre les industriels de nous appuyer auprès des instances étatiques. Le directeur de programme que je suis a des liens directs avec les chefs d'unité et les ingénieurs. J'ai également un rôle de facilitateur, en particulier pour les appels d'offres.
J’en veux par exemple pour preuve l'ESA (European Space Agency), dont nous recevons entre quatre et dix appels d’offres par jour. Mon rôle est donc de les trier et de les sélectionner avant de les adresser aux départements.

Notre rôle est aussi - et c'est encore plus vrai pour les projets européens où l'ONERA a pu dans le passé se présenter en ordre dispersé - de rassembler les compétences et d’éviter la concurrence entre départements. Par exemple l'activité GNC (guidance, navigation, contrôle) des lanceurs est répartie sur plusieurs entités de l'ONERA alors que le CNES souhaite n'avoir qu'un interlocuteur sur cette thématique, comme pour chacune des autres d'ailleurs !

De plus, le monde de l'espace évolue très vite : miniaturisations des capteurs, petites charges utiles, constellations de satellites, lanceurs réutilisables, plus petits, micro-lanceurs… avec bien entendu de nouveaux entrants… le directeur de programme doit aider l'ONERA à bien se positionner et à faire en sorte que l'industriel fasse appel à notre expertise et donc la connaisse parfaitement.

Et avec la Direction Scientifique ?

Pour le moment, c'est au cas par cas puisque nous sommes encore en phase de construction de la relation. J’ai d’ores et déjà émis des recommandations sur les projets de PRF à venir et je suggère également des axes de nouveaux PRF. Dès l’an prochain, les choses seront plus synchronisées !

En conclusions …

En conclusion : le travail ne manque pas et c'est tout ce qui fait l'intérêt de mon poste !

 

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